Syndicat d'Apiculture du Rhône et de la Région Lyonnaise

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Le gouvernement choisit les pesticides au détriment des abeilles !

3 décembre 2013

Communiqué de l’UNAF

Le gouvernement choisit les pesticides au détriment des abeilles !

Conditions d’épandage des pesticides et protection des abeilles : l’Union Nationale de l’Apiculture Française s’indigne d’un possible assouplissement des règles.

Les représentants du ministère de l’Agriculture ont récemment annoncé une révision de l’arrêté du 28 novembre 2003 encadrant la « mention abeille ».

Sous couvert de préciser l’arrêté, la « révision » des mesures protectrices des abeilles et des pollinisateurs vise en réalité, pour l’UNAF, à étendre largement les possibilités d’épandage des pesticides sur les cultures en fleurs durant des plages horaires actuellement interdites, pour ne laisser subsister qu’une interdiction de traiter le matin de bonne heure.

L’Union Nationale de l’Apiculture Française s’indigne de cet assouplissement et demande au Ministre de confirmer qu’il entend réduire les mortalités des pollinisateurs et de renforcer les règles d’épandages des pesticides au lieu de les assouplir !

Olivier Belval, Président de l’UNAF souligne :
« Une telle modification, uniquement destinée à satisfaire aux revendications de l’agro-industrie au détriment du cheptel apicole et de la faune pollinisatrice, est totalement inacceptable.

Les abeilles sont victimes en premier lieu des pesticides et si Monsieur le Ministre entend réduire les mortalités d’abeilles, il doit affermir les conditions d’épandages des pesticides, et non les assouplir. »

« Mention abeille » et pesticides : des dérives déjà constatées !

Alors que l’Union Européenne vient de retirer partiellement pour deux ans trois molécules néonicotinoïdes (l’imidaclopride, la clothianidine et le thiaméthoxam - substances actives à la base des préparations : Gaucho, Cruiser, Poncho, Cheyenne, etc), le Protéus, par exemple, (utilisé notamment sur colza – plante très mellifère) à base de thiaclopride (un néonicotinoïde) et de deltamétrine (un pyréthrinoïde) bénéficie de la « mention abeille » depuis 2012.

Le Suprême 20SG (également utilisé sur le colza) à base d’acétamipride (un néonicotinoïde) bénéficie également de cette mention.

Le Fastac, à base d’alpha-cypermétrine (un pyréthrinoïde), est notamment utilisé sur les fruitiers et le colza. Il a lui aussi reçu la « mention abeille ». Pourtant, l’administration spécifie clairement que le Protéus, le Suprême 20 SG et leFastac sont tous les trois « dangereux pour les abeilles »[3].

Ce ne sont que des exemples parmi de nombreux cas… Selon l’arrêté du 28 novembre 2003, pour bénéficier de la « mention abeille, » le produit ne doit pas présenter d’effets inacceptables pour les abeilles. Il ressort des éléments précités que l’appréciation de ces effets inacceptables est réalisée d’une manière pour le moins souple et notre analyse nous conduit à déduire qu’il est possible de déroger à cette interdiction de traitement en floraison sur simple demande…

UNAF - 29 mai 2014

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