Syndicat d'Apiculture du Rhône et de la Région Lyonnaise

Chambre d'Agriculture - 18 rue des Monts d'Or - 69 890 La Tour de Salvagny



Une trappe à pollen propre (suite)

IV. AUTRES AVANTAGES DE CETTE TRAPPE À POLLEN

Pour l’apiculteur

Le système proposé permet de ménager et de préserver grandement la force et la santé du cheptel. Il permet aussi d’économiser beaucoup de temps et d’énergie et de soucis pour l’apiculteur. Il échappe aux fastidieux travaux consacrés au tri. Il peut aussi éviter l’achat d’une machine à trier.
Sa récolte sera deux fois plus importante par rapport à celle obtenue par des dispositifs classiques. En effet, pendant un certain temps même les butineuses peuvent réaliser deux fois plus de voyage aller retours.
Les qualités du produit récolté permettront de valoriser la production à meilleures conditions.

Pour le consommateur

Les abeilles tiennent à récolter du pollen frais. Elles ne fréquentent pas des fleurs fanées, elles ne récoltent pas n’importe quel pollen ! Par conséquent la qualité, la fraîcheur de leur récolte sont absolument garanties. Pour quelles raisons l’homme ne préférerait pas de consommer un tel produit et dans un tel état de fraîcheur ?

Le pollen tombé dans le réceptacle est exempt de tous déchets et de salissures. Il n’y a donc pas de nécessité de tri.

Il peut être dégusté directement à la petite cuillère, de préférence le matin au petit-déjeuner. Il peut aussi être étalé sur une tartine de beurre ou de confiture . ..

Il est facile de congeler un tel produit pour les périodes hors saison, pour l’hiver par exemple. Il faut cependant veiller à ce que la congélation se fasse dans des bonnes conditions aussitôt après le prélèvement. Ainsi les constituants nobles (vitamines, oligo-éléments, enzymes ... ) peuvent être conservés longtemps pour plus grand intérêt des consommateurs.

Pelotes de pollen

V. QUELQUES CONSEILS PRATIQUES.

Dès qu’un apiculteur possède dans son rucher de 6 à 8 colonies, il peut les observer en vue de connaître leurs caractères, leurs capacités. En effet, nos colonies sont plus ou moins différentes les unes des autres. Il faut choisir la colonie qui sera la plus apte, la plus efficace à cette production spécifique.

Dans la pratique, celle-ci possède en surabondance du pollen sur ses cadres. D’ailleurs les professionnels considèrent souvent ces colonies comme étant des « non valeurs » pour la production de miel. Par contre elles peuvent parfaitement convenir pour produire du pollen.

Dans la région lyonnaise, en général, les colonies fortes ont leur hausse depuis la mi-avril. Alors vers la fin du mois, lorsque les colonies sont déjà bien développées, le moment est arrivé aussi de mettre en place l’accessoire trappe à pollen.

Dans le cas de l’emploi du nouveau dispositif il peut être posé par exemple carrément sur un plateau tournant. On en trouve pour peu de frais chez les marchands de téléviseurs. Celui-ci facilite grandement le retournement de la ruche productrice. En effet la ruche est déjà montée de sa hausse qui peut déjà contenir du nectar en quantité.

À remarquer aussi que le retournement doit être exécuté une semaine après la pose du dispositif, alors qu‘entre temps beaucoup de nectar peut-être déjà stocké dans la hausse. L’ensemble ; dispositif + corps de ruche + hausse peut alors peser quelquefois 60 kg et plus !

Il y a des jours, et il y a des heures pour récolter et ce n’est pas l’apiculteur qui dispose du moment ! Il y a aussi des conditions climatiques. Mais l’abeille sait exactement quand et comment cela est propice et elle sait aussi quelles fleurs sont à fréquenter. Les butineuses choisiront aussi la composition, le mélange de leur nourriture. La diversité de la couleur des pelotes de pollen récolté le prouve. Elles agissent ainsi à chaque fois qu’elles en ont le choix. Par conséquent il est alors fort probable, que la diversification de leur alimentation est importante pour elles. Ce fait cache des avantages sanitaires pour elles, que nous ne connaissons pas. Mais nous pouvons objectivement supposer, que leur choix est également bénéfique pour nous les consommateurs.

La lutte contre les consommateurs concurrents

Nous ne sommes pas seuls à nous intéresser à la consommation du pollen frais récolté par les abeilles. Il faut savoir aussi que ce produit est délicieusement parfumé de par sa nature et aussi par l’additif avec lequel les abeilles agglomèrent leurs pelotes. Il n’est pas étonnant alors que de nombreux gourmands promeneurs dans les environs soient attirés. C’est le cas des fourmis, et de toutes sortes de limaces et d’escargots ... Sans précaution ils envahissent inévitablement le réceptacle. Leur éviction pose de problèmes, vue leur nombre important.

Heureusement il n’est pas difficile d’écarter ces petits gourmands. Mais il faut connaître l’astuce qui le permet. Que faut-il faire et comment procéder ?
Pour cela, au moment de la pose du dispositif il suffit de badigeonner copieusement avec une huile, les faces de dessous du dispositif qui sont en contact avec le support. On peut utiliser comme produit huileux par exemple de huile à frite
ou de l’huile de lin...

On peut aussi badigeonner également avec les mêmes produits huileux les sous-faces des supports, tels que des rails ou poutrelles métalliques. Par l’utilisation de cette dernière méthode sur toute la longueur des supports, toutes les ruches seront indemnes de fourmis. Si l’opération est soigneusement faite, l’effet est radical. Au besoin ils est possible de répéter l’opération. Le même traitement est aussi efficace contre les limaces et toutes sortes d’insectes grimpants.

Il y a cependant un insecte ravageur difficile à éviter. Il s’agit de la teigne. En effet son papillon est également attiré par les bonnes odeurs que dégage le pollen récolté. Alors, elle ne se gêne pas du tout à pondre ses oeufs dans le tas. Dans des bonnes conditions climatiques deux jours après les larves vont naître et faire des ravages dans le la récolte.

Une raison de plus pour prélever le pollen récolté, au moins tous les deux jours. Il faut alors de toute façon s’occuper du conditionnement ou de sa consommation le plus rapidement possible. Sinon, passer le produit au congélateur. En effet c’est un bon moyen de conservation et très efficace contre la teigne.

Par temps de pluies fortes, certaines abeilles se présentent devant la grille trappe toutes mouillées. Malheureusement, en passant par celle-ci, elles laissent tomber des gouttelettes d’eau dans le réceptacle. Cela peut provoquer des dégâts importants. Le pollen ramassé auparavant risque d’être mouillé, et les pelotes de pollen seront désagrégées. La récolte se transforme alors en une sorte de pâte irrécupérable pour la conservation.

Pour limiter de tels dégâts, en cas de pluie mieux vaut vider le réceptacle en temps utile. On peut même carrément retirer celui-ci avant qu’il pleut. De toute façon par un temps mouillé, les abeilles ne récoltent pas de pollen. Il est facile de faire ainsi, lorsqu’on est sur place.

Emballage et conservation

Comme le pollen récolté par le nouveau dispositif est indemne de déchets et de salissures, il est donc apte à la conservation ou à la consommation immédiate. Rappelons-nous, que c’est un avantage considérable par rapport aux produits qui doivent subir un tri et une déshydratation rapide.

Comment procéder au conditionnement dans le cas des amateurs et des petits producteurs ? Les méticuleux peuvent encore jeter un coup d’œil afin de vérifier si par exemple une fourmi ne s’est pas aventurée dans le récipient. S’il a vérifié la propreté, aussitôt il peut disposer, repartir, doser les quantités à conserver selon son jugement.

Dans la pratique se sont des petites mains de dames qui se chargent de cette opération. Avec mes 24 colonies productrices de miel et de pollen c’est la meilleure moitié de ma vie, c’est-à-dire ma femme qui s’occupe de cette charge. Elle possède dans ce domaine plus de 15 ans d’expérience. Ses méthodes sont parfaitement rodées et donnent entière satisfaction.

Dans la pratique, la récolte est prélevée en général et si possible tous les jours, en fin de journée. Le produit sera disposé immédiatement par fractions de 100g dans des petites pochettes adéquates de congélation. Autant que ces opérations seront exécutées rapidement autant le pollen gardera ses qualités vitales, ses éléments nobles, donc gardera ses valeurs.

Grâce à cette méthode de conservation il est possible de disposer hors saison, en plein hiver, d’un produit merveilleux que la nature a fourni en pleine saison. En le sortant du congélateur, il suffit de déverser le contenu d’une pochette dans un petit pot adéquat et de le conserver au réfrigérateur au rayon des fruits. Ensuite il suffit de se servir pour la consommation selon le dosage de tous les jours. Le produit se conserve ainsi facilement 8 jours et plus.

J. Bencsik 23 bd des Castors 69005 joseph.bencsik@free.fr

BENCSIK Joseph - 26 février 2008

Réalisé par Cuperteam